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WFWF appelle à une plus grande prise de conscience du contrôle coercitif en France

Women for Women France (WFWF) s’est entretenu avec la célèbre journaliste de France 24 Annette Young, présentatrice de l'émission The 51 Percent, pour discuter du contrôle coercitif, une forme de violence conjugale de plus en plus reconnue au niveau international alors que des États s'efforcent de la criminaliser.


Sarah McGrath, Présidente de WFWF, précise : « Nous parlons enfin des violences conjugales, mais nous en parlons encore à l’ancienne : le mari rentre du travail et bat sa femme. Mais nous savons que les réalités sont bien plus complexes que cela. »


Les recherches démontrent que les violences conjugales ne sont pas que des actes de violence physique. Les violences conjugales s’inscrivent souvent dans une tentative de terreur et d’oppression permanente qui inclut des abus administratifs, économiques, psychologiques, physiques, sexuels, et émotionnels. Connue sous le nom de contrôle coercitif, cette forme d'abus vise à rendre un partenaire ou ex-partenaire dépendant, subordonné et / ou privé ou restreint dans sa liberté d'action.


Bien que la sensibilisation au contrôle coercitif se développe, cette violence est quelquefois mal comprise comme étant interchangeable avec les concepts d'emprise et/ou des violences psychologiques. Pourtant, les définitions sont distinctes.


« Les experts découvrent de plus en plus que le contrôle coercitif est un indicateur fort pour déterminer si la violence conjugale se terminera par un féminicide », a souligné Sarah McGrath.


Au niveau international, la criminalisation prend de l'ampleur au moment où la recherche continue de mettre en évidence les dangers du contrôle coercitif.


Un rapport australien publié en 2020 a révélé que sur 112 cas d'homicide entre partenaires intimes, 111 étaient liés à un contrôle coercitif.


Lorsque nous l'avons interrogée sur la position française concernant une adaptation des lois pour prendre en compte la réalité des violences conjugales, Sarah McGrath a répondu : « La France a été un leader en matière de réponse aux violences conjugales. Elle a été l'un des premiers pays à criminaliser la violence psychologique entre partenaires intimes. Bien que la prise de conscience du contrôle coercitif n'ait pas encore décollé ici en France, je crois que la France aussi va un jour criminaliser ce type de comportement. »


En 2018, l'Écosse a introduit une législation sur le contrôle coercitif qui est considérée comme la plus complète au monde. Le pays a depuis recensé plus de 1 000 condamnations criminelles. Pour les spécialistes des questions liées aux violences conjugales, ces lois ont contribué à une forte amélioration de la protection des victimes.



Women for Women France est une association qui a pour objectif de soutenir les personnes non-françaises et / ou immigrées victimes de violences conjugales en France. Sarah McGrath souligne qu'une législation contre le contrôle coercitif en France serait bénéfique pour toutes les victimes de violences conjugales en France, et plus particulièrement pour les personnes non-françaises, qui sont plus vulnérables face au contrôle coercitif en France. « Une personne immigrée qui est confrontée à des violences conjugales, en France ou dans n'importe quel pays, est déjà plus vulnérable. »


Parmi les facteurs pouvant rendre ces personnes plus vulnérables au contrôle coercitif, Sarah McGrath cite notamment l'isolement géographique loin de leurs famille et amis, ainsi que la dépendance à l'égard des droits de séjour, qui peut être utilisée par un agresseur pour manipuler et menacer.


Les réformes législatives sur le contrôle coercitif et les programmes de formation des acteurs de la justice et de la police doivent tenir compte des communautés marginalisées, qui sont déjà confrontées à des problèmes d'intervention policière excessive et de discriminations raciales dans de nombreux pays. Les barrières linguistiques peuvent conduire à une mauvaise identification de l'agresseur et créer des difficultés pour la police pour comprendre la situation.


Vous pouvez regarder l'interview ici.